30 mai 2007
Enthousiaste
Comment vous décrire ce livre sans vous présenter les
premiers tomes…
Le premier volume : La route de tous les dangers, présente la série. Si je vous dis 1968, Memphis, Martin Luther King… vous avez l’ambiance. Les acteurs sont au nombre de trois.
Smokey Dalton est un détective de Memphis, noir, pauvre, au grand cœur. Jimmy est un jeune enfant traînant dans la rue. Sa mère ne s’occupe ni de lui, ni de son frère ! Celui-ci erre avec les Blacks panthers et fait des petites opérations pour eux : du trafic de drogue, à son insu, et c’est de cela que Smokey va essayer de sauver cette famille. Laura enfin, la femme blanche, belle et riche, qui va demander à Smokey d’enquêter sur leur passé !
Laura annonce à Smokey que ses parents sont morts et que dans leur testament ils ont légué 5 000 $ à Smokey ! Pourquoi diable un couple de blanc de Chicago lègue t-il une modeste somme (pour eux) à un noir de Memphis ?
Cette enquête est étonnante et dérangeante. Le milieu mafieux et la communauté noire, la religion en sont la toile de fond, avec la mort de Martin Luther King pour final !
Dans le second volume : A couper aux couteaux, nos trois acteurs se réfugient à Chicago. Les agences fédérales aimeraient bien mettre la main sur Jimmy, témoin du meurtre de Martin Luther King. A Chicago la convention doit tenir son congrès et les Blacks Panthers aimeraient faire entendre leur voix ; les Hippys aussi.
Dans le quartier noir où ils se sont réfugiés, Smokey et Jimmy essayent de se faire oublier. Une série de meurtres va relancer la carrière de Smokey, mais il évite les contacts avec les autorités car il a pris de faux papiers ! Laura aura encore besoin de Smokey pour ses affaires, toujours très complexes et qui vont davantage encore les rapprocher !
Ce troisième volume : Blanc sur noir, est une enquête plus traditionnelle. Une femme vient demander à Smokey de reprendre une enquête sur la mort de son mari. La police blanche ayant autre chose à faire que de s’occuper d’un meurtrier de noir. Laura cherche maintenant à prendre la main sur la totalité de son héritage. Jimmy, comme son frère, va se retrouver face aux gangs noirs. Smokey va devoir sortir Jimmy de leurs griffes, aider Laura et résoudre une énigme compliquée car elle oppose blancs et noirs. Ce volume est le plus fort concernant la dénonciation du racisme ordinaire dans la société américaine.
Un roman sur la bêtise ordinaire. Passionnant !
Blanc sur noir, Kris Nelscott, L'aube noire, 2-7526-0255-3
P.S. : le premier volume existe en poche
26 mai 2007
Amour Total
Un homme et une femme s’aiment à la folie… jusqu’à la
mort ! Bonjour les clichés pour ce roman… Le titre : « la triste
histoire d’Elvira Madigan et du lieutenant Sixten Sparre » nous plonge
d’emblée dans le mélo !
C’est un vrai roman d’amour désespéré, typique au XIXème siècle, mais c’est un très bon roman.
L’histoire donc : un lieutenant de bonne famille bourgeoise s’enflamme pour une danseuse de cirque. Ils vivront leur amour, et, ne voulant en garder que le meilleur, ils se suicideront. Tout pourrait être dit, mais toute la beauté de ce roman est dans son style et sa narration.
Le livre est divisé en trois parties, la mort, la souffrance puis la douleur. Que de réjouissances !
La mort nous raconte les derniers jours et le drame.
La souffrance, c’est la naissance de l’amour, le parti pris de tout abandonner pour vivre cette folie.
La douleur, c’est le court temps de leur relation, basée sur le sexe et la fuite. Mais pourquoi ce titre ??? Mystère de l’édition ! Le titre en danois est "Sixten og Elvira" !
Vivre le présent intensément , il n’y aura pas de lendemain... Romantisme quand tu nous tiens !
La triste histoire d’Elvira Madigan et du lieutenant Sixten Sparre, Paardekooper, Actes Sud, 2-7427-6716-8
23 mai 2007
A suivre
Un peu déçu par ce volume, le premier tome était excellent.
Dans celui-ci les mêmes acteurs vieillissent et leurs enfants sont devenus
adultes. La révolution Russe est là, la crise de 1929, la confrontation des
idéologies communistes contre fascistes, mais ce ne sont que des évocations très
courtes. Les rapports entre les personnages sont devenus plus clairs.
Mais je n’ai pas boudé mon plaisir : ce deuxième volume a ses propres qualités. Je ne l’ai pas lâché ! La description de la grève des tramways et de la première au théâtre d’une pièce d’un auteur communiste sont les deux points culminants de ce volume.
Attendre juin pour la suite, quel désespoir !
L'aube Tome 2 Le roman de Bergen, Gunnar Staalesen, Gaïa, 2-84720-085-0
18 mai 2007
Policier dans l'ovalie
Un policier alsacien muté dans le midi ! Le
cocasse de la situation est exploité à fond… Car dans le midi, pour les
meurtres, l’originalité est souvent là. Présentement c’est un notable retrouvé
assassiné avec … un bras manquant ! L’enquête ne mène à rien.
Si ce n’est à une histoire du monde du rugby, à 13 et à 15. Amateur de foot, je ne connais rien à ce jeu qui ne tourne pas rond. Pour 2 joueurs en moins ou en plus que d’histoires ! Le 15 est bourgeois et le 13 prolo, le 15 collabos et le 13 résistant…
Les passionnés de rugby apprécieront, les autres oublieront !
L’énigme trouvera une conclusion dans les dernières pages, avec l’explication d’un indice pris en compte par personne.
Le futon de Malte, Michel Embareck, Suite Noire, 2-35306-011-5
14 mai 2007
Polar Tibétain
A Obernai – Alsace, département du Bas-Rhin - je croise une librairie : Libr’Air, extérieur sympa… forcément, j’entre sans tarder dans ce lieu de perdition ! Horreur et malheur, ma PAL a pris trois livres d’un coup !
Le premier est déjà lu (selon la logique du « dernier arrivé… premier lu… ») est un petit polar des éditions Kailash. C’est une série qui met en scène une jeune française ethnologue, Betty, vivant depuis cinq ans en Inde. Elle est envoyée à la frontière avec le Tibet afin d’effectuer une étude sur certains moines pratiquant le toumo.
Mais voilà que ces moines disparaissent les uns après les autres…
Principaux suspects l un photographe anglais arrivé inopinément pour un article sur le même sujet, et une équipe de cinéma ayant comme sujet… les lamas tibétains !
C’est drôle et vif ! j’ai pensé à Evanovich en lisant ce livre.
Au fait, j’oubliais ! le toumo est une pratique exclusive des lamas qui font sécher leur serviettes mouillées sur leur dos grâce à la chaleur intérieur… No comment ! Pourtant sur le net de nombreux articles confirment l’existence du toumo.
Opération grand véhicule, Bernard Grandjean, Kailash, 2-84268-141-X
09 mai 2007
Petit mais bon !
Un vigneron tue sa femme sur un coup de colère ! Ses
passions ce sont la nourriture et le vin… Sa femme ne peut pas avoir d’enfant,
alors il ne lui reste qu’une utilité : la cuisine. Quand le repas n’est
pas excellent il lui arrive de dérouiller sa femme ! Cette fois il est
allé plus loin. Il cache donc le corps, et prétend que sa femme est partie en
Afrique pour une association caritative.
Ensuite, il récupère une femme au hasard, une paumée, et lui propose le poste de cuisinier. Elle accepte, et rapidement il recrée les mêmes rapports qu’avec sa défunte femme, sauf le sexe. Un soir, parce que la nourriture est trop infecte, il tire dessus !
Une histoire sans fin… non : au chapitre suivant, c’est la paumée qui raconte son histoire…
Humour et surprise. J’ai beaucoup aimé ce petit roman. Un
coup de fraîcheur !
Tirez sur le caviste, Chantal Pelletier, La Branche, 2-35306-010-2
05 mai 2007
Rien que l'image
Je n’ai pas l’habitude de lire des récits de voyage. Un
genre que je délaisse, par ignorance souvent. Au salon du Livre, mon œil a été
attiré par ce bel album, pour le récit
mais aussi par de superbes reproductions d’aquarelles. Le thème du
voyage : le Tibet.
Le texte est poussif, l’auteure hésite tout au long du livre entre sa vie, la nature qu’elle découvre, les gens, et par ailleurs un récit plus sociologique et politique.
Sa vie se résume essentiellement à la maladie de son mari, et elle en parle peu... Mais pourquoi l’évoquer alors ?
La nature et les gens, c’est quand même le but de ce voyage : faire le tour du mont Kailash.
Ce voyage est difficile à faire, car il faut passer des frontières séparant des pays ayant des relations tout justes cordiales.
Le dessin, c’est ce qui sauve ce livre. Un formidable dessin avec une colorisation fine. La beauté des vêtements et leurs couleurs vives contraste avec le peu de teintes des montagnes pierreuses. La couleur des lacs, des cieux, se reflète extraordinairement sur ces monts. Des visages, des détails d’architecture apportent à se livre une âme.
Face à cet avis mitigé, je vous conseille tout de même de le feuilleter dans une bibliothèque.
Olga et Arnaud de Turckheim, Au pays des pierres qui parlent, Actes Sud, 2-7427-6383-2
03 mai 2007
Evolution de l'histoire
Pendant ces vacances ce livre fut ma principale lecture :
un pavé !
Il s’agit d’un essai historique remettant en cause beaucoup de ce que l’on a toujours appris sur la découverte de ce continent, en partant de la préhistoire.
La population amérindienne au contact de l’européen et de ses maladies a chuté de 90%. Effrayés par la mort de leurs proches les Hommes se sauvaient et contaminaient les tribus voisines. C’est ce qui explique la si facile conquête de ce continent. Car la vision du bon sauvage est un mythe.
La différence entre les peuples amérindiens est immense. Au nord les tribus vivaient dans un pays de cocagne, d’abondance. Fragile cet état s’est écroulé avec la disparition des Hommes. N’ayant plus de prédateurs, les bisons se sont multipliés pour atteindre les 35 millions de têtes au XIXème siècle.
Au sud, l’histoire est la plus ancienne. C’est la première civilisation de l’humanité avant Sumer. L’agriculture, les temples, les mathématiques (dont la connaissance du zéro) et l’astrologie étaient déjà connus depuis très longtemps. Par contre la roue n’a pas été inventée, sauf dans les jouets pour enfants ! L’explication serait dans l’absence d’animaux pour tirer les charrettes !
Quand les européens sont arrivés en Bolivie la capitale des Incas était plus peuplée que Paris, le système d’irrigation de l’eau était plus développé, les rues plus larges et personne ne mourrait de faim.
C’est donc un livre dérangeant, mais très instructif.
Un gros défaut toutefois c’est la désorganisation dans les chapitres, je n’ai pas compris le fil conducteur. Autre agacement c’est la perte de temps à raconter les querelles entre les différents historiens archéologues…
1491, Charles C Mann, Albin Michel,2-226-17592-2







