30 octobre 2007
Enquête en Corse
Delphine Mailly, une enquêtrice avocate que je ne
connaissais pas et dont j’ai récemment découvert la troisième enquête (n’ayant
pas trouvé les précédentes). Je vais quitter le nord de l’Europe pour aller en
Corse.
Avocate parisienne, elle est appelée à l’aide par une amie en Corse car un autonomiste vient d’être accusé d’être l’auteur de feux de forêts. Comment y croire ? Il adore son pays et ne le mettrait donc jamais en danger, d’autant qu’il est garde forestier et s’occupe alors de la réinsertion du cerf corse. Tout cela ne colle pas. Delphine avec l’aide de ses amis, de ses déductions et de son charme s’attache à résoudre ce casse tête.
Découverte de ce microcosme nationaliste et de cette si belle ile, mais l’humour de ce roman est également un plus qui rend ce livre attachant. Un très bon moment de lecture.
Je vais chercher les premiers volumes.
Plongeon à Bonifacio, Jean-Louis Andreani, L'Aube Noire
28 octobre 2007
Travailler plus pour gagner moins
Ce petit roman, par la taille et par la qualité, est en
grande partie une description de la propre expérience de l’auteur sur le
miracle américain. De petits boulots en boulots précaires, saisonniers,
l’américain doit se spécialiser et apprendre à être multitâches. C’est
également le discours sur lequel notre bien aimé président a été élu !
La traduction des petites annonces est hilarante, la comparaison avec le sketch de Timsit sur les annonces immobilières est évidente.
La réalité sociale américaine est un peu différente de l’image que nous en donne les médias, avec les séries ! En cela ce livre est une bonne leçon, avec plein d’humour pour faire passer la pilule.
« Ordinateur, c’est une de ces télés reliées par un fil à une machine à écrire » : belle définition.
La déception c’est qu’il ne s’agit pas d’un roman, mais d’un récit linéaire, dénué de trame. Après ses deux premiers romans géniaux j’avoue une déception certaine à la lecture de celui-ci.
Ce livre n’est pas à classer dans les romans mais dans les documents, faits de société.
Tribulations d'un précaire, Iain Levison, Liana Levi
24 octobre 2007
Suite de l’évocation de la vie de ses grands-parents
Plus qu’une biographie familiale, c’est le récit d’une âme
slave, et juive, et gitane, et beaucoup d’autres… C’est donc un récit très
chaotique, rempli de rencontres. La vie de ces marginaux vivant de musique, de
vols, de petites escroqueries.
Ce récit est avant tout drôle. Le dessin colle au côté baroque de l’histoire, il n’a pas une beauté académique, mais il donne un ton à cette histoire.
J’adore.
Klezmer, tous des voleurs T.3, Joann Sfar, Gallimard Bayou,
22 octobre 2007
Suite et fin de cette très douce histoire
La jeune fille après avoir connu deux amourettes rencontre
enfin l’Amour. Mais un vieux et riche souhaite acheter cette jeunette !
Comment sa mère réagira-t-elle ? Comment son amoureux résistera-t-il à l’exil imposé par son maître (le
vieux) ?
Dans le dernier tome l’amoureux revient, ils se marient…
Bref, le scénario ne vaut pas tripette !! Mais la douceur des relations mère-fille, le contact avec la nature, font de ce livre un excellent roman. Le romantisme de cette jeune fille l’amène à utiliser continuellement des métaphores, souvent faites de papillons ou encore de libellules... Cela amène une grâce dans le dessin.
La société et le poids des traditions dans la dénonciation de ces mariages forcés, tant pour elle que pour une amie, sont les axes principaux de ces deux tomes. L’heureuse élue ira vivre en ville. La veinarde : elle va prendre le train ! La chanceuse ! Mais le mari n’a que neuf ans... La mère, veuve, voit sa fille partir et la solitude poindre. Surtout qu’en Corée la fille va vivre chez sa belle-famille et ne revient voir ses parents qu’une à deux fois par an !
C’est par ces petits drames, ces petites joies, que nous
découvrons la société rurale coréenne.
La cerise sur le gâteau de ce roman est le graphisme. Parfois chargé, souvent aérien, il suit de près l’histoire et son évolution.
Histoire couleur terre t2 et 3, Dong-Hwa Kim, Casterman
20 octobre 2007
Histoire de grêves (actualité)
Ah ! le dessin, quel horreur que ce noir et blanc sans
âmes, l’absence de trait sur certains visages, mais tout cela est oublié car le
scénario est profond, tendre.
Le professeur continue sa propre éducation aux signes, il va réaliser son rêve. Comme un chef d'orchestre dirigeant avec sa baguette ses musiciens pour faire passer le message de sa partition, c’est avec ses mains qu’il va lire un livre à son public de sourds et muets.
Une autre méthode de langage fait son apparition, il s’agit en plus d’apprendre au sourd à parler. Même s’ils ne s’entendent pas, ils peuvent émettre des sons. Mais c’est très complexe.
La dernière partie du livre relate les grandes manifestations de 1918 contre la hausse du prix du riz ! La révolution de la Russie voisine donne des idées très précises à un grand nombre. L’empereur japonais a lui aussi suivi la révolution et il trouvera une solution au mécontentement de son peuple.
Malgré le dessin, ce second volume est passionnant.
L'orchestre des doigts, Osuma Yamamoto, Kanko
18 octobre 2007
La saga continue
C’est la fin de la seconde guerre mondiale
et les années 50. Les thèmes abordés sont divers.
http://www.gaia-editions.com/accueil.html
Cela devient un peu compliqué pour s’y retrouver dans les familles mais sur le site, des arbres généalogiques sont là pour nous aider.
Une très belle évocation de l’épuration et des lâches dans l’après-guerre. Des femmes ont été tondues pour avoir « pactisé » avec l’ennemi. Parfois violés, afin de leur faire comprendre que le sexe local est meilleur que l’autre !
La bêtise n’ayant pas de frontière, je me croyais en France !
Mais je dois dire que j’ai été un peu déçu par ce quatrième volume. Historiquement la guerre froide et les luttes politiques gauche/droite et interne à la gauche pro ou anti russe ont été trop peu développées à mon goût.
Indépendamment de cela, je pense être dans un creux de ce roman, l’histoire devrait rebondir dans les prochains volumes.
Ah, j’allais oublier un passage sur un grand auteur norvégien : Knut Hamsun. Il écrit dans sa propre nécrologie politique un article sur Adolf Hitler publié le 7 mai 1945 « je ne suis pas digne de parler haut et fort d’Adolf Hitler… c’était un personnage réformateur du plus haut rang, et son destin historique fut tel qu’il œuvra dans une époque de férocité on ne plus anarchique, qui a fini par le perdre ». No comment.
Le roman de Bergen, Gunnar Staalesen, Gaïa
09 octobre 2007
Le spleen du couple !
Un couple doit franchir des paliers… Notre pasteur arrive à
celui des cinquante ans ! Cette mauvaise passe va l’entrainer dans une profonde réflexion ésotérique et
spirituelle. Apprécié par sa communauté religieuse, un ourson lui est offert
pour son anniversaire. Celui-ci va modifier toute sa vie, celle de son couple ainsi
que celle du village. La participation d’une jeune biologiste venue étudier l’ourson et son hibernation ne sera pas
étrangère à cette « révolution » !
Paasalinna nous entraîne dans un road-movie avec ce couple à travers toute l’Europe. La nature de l’ours va séduire tous les pays et le comique burlesque prendra souvent le dessus.
Ce n’est probablement pas le meilleur de cet auteur, mais ce roman qui n’engendre pas la mélancolie se laisse quand même lire sans déplaisir !
Paasilinna Arto, Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen, Denoël
A lire, peut-être
De nouveaux avis sur ce livre...
Les avis sont partagés.
08 octobre 2007
Solidarité
Parfois il se passe des choses inadmissibles.
Si vous voulez savoir comment cela se passe dans notre beau pays ! n'hésitez pas à aller voir Anne-Sophie.
05 octobre 2007
Tendre Manga
Un autre roman de Kim Dong-Hwa : Après « la
bicyclette rouge », voici une autre trilogie ;celle-ci est plus
intimiste.
Le premier volume porte sur la préadolescence d’une jeune fille. Elle vit avec sa mère, veuve, de neuf à quatorze ans. Par petites touches, l’éveil à la sexualité et la féminité sont le thème central de ce livre.
La promiscuité et une symbiose profonde naissent entre ces deux femmes. Ce sont ses premiers émois pour la jeune fille, et la réminiscence de souvenirs pour la mère. Premiers amours pour l’une, et nouvel amour pour l’autre…
Un dessin toujours aussi fin nous fait découvrir un univers loin du notre, mais a fond il y a comme une réalité très proche. En milieu rural, la proximité des plantes et des fleurs, les mœurs sont différents mais pas les émotions. Le noir et blanc s’impose, avec de très belles planches et un dessin très varié.







