28 mai 2009
Malheur bourgeois
Je lis beaucoup de polars… la lie de la société y est abondamment décrite, les pires sentiments et le côté obscure de la nature humaine sont souvent au coin de chaque page... Alors, afin de ne pas sombrer dans la mélancolie et la névrose, parfois, je lis un beau roman ! Avec de beaux sentiments !
Evelyn est une jeune veuve qui éduque seule son fils. Elle appartient par son mariage à une famille de la haute bourgeoisie. Son fils en est l’héritier. Mais cette famille est bien loin d’elle par son style de vie.
Le patriarche considère que la chasse est l’art par lequel l’homme se révèle. Son petit fils n’y voit que sauvagerie ! Dur, pour un homme de son âge de constater que la nouvelle génération n’a aucune valeur et que cet enfant n’est qu’une mauviette !
Evelyn refuse d’obliger son fils, de le forcer à être hypocrite…
Mais Evelyn est encore jeune et séduisante et elle tombe amoureuse d’un député réformiste ! Oh my god ! Il est également beaucoup plus jeune qu’elle !!
Evelyn va cacher cette liaison à sa famille et à ses amis.
Ce livre relate la pureté des sentiments de cette femme !
Derrière ce roman d’amour, pas tant à l’eau de rose que mon résumé pourrait le laisser penser, nous découvrons un monde d’hypocrisie. Un monde ou les sentiments passent derrière les apparences. Une autre forme de mélancolie et de névrose, le côté obscure domine également ce livre !
Haute-société, Vita Sackville-West, Autrement Littératures
25 mai 2009
UN TRES GROS COUP DE CŒUR
Premier roman du prix Landerneau, que j’ai pioché dans ma « PAL Landerneau » selon ordre alphabétique, et je dois aussi l’avouer, c’était celui qui m’inspirait le moins. La couverture est affreuse, le titre presque illisible, et c’est en plus le plus gros ! Donc en lisant celui-ci en premier, j’ai tout de même l’impression d’accomplir une corvée…
Ce livre est à trois voix : le clown, mademoiselle B et l’enfant sauvage.
Le clown, cet enfant du cirque n’a eu une enfance ni heureuse, ni triste, mais en perdant tôt sa mère il perd aussi son père... Celui-ci lui a tout de même transmis sa passion du cirque, seule chose qui le maintienne en vie.
Mlle B, elle est la fille que personne ne voit. Ni sa mère, ni son père ne l’ont regardé une fois dans les yeux. Elle évite tout regard. Toute sa vie sera à l’avenant, aucun regard, aucune vie. Le temps va s’écouler dans l’ombre de ses parents.
Le môme, c’est un enfant sauvage. Il survit dans une décharge dans laquelle il ne rencontrera un autre homme qu’une fois devenu adolescent. Sa seule activité est la peinture, il trouve ainsi le moyen d’occuper sa solitude.
Ces trois personnages, si différents les uns des autres, vont se rencontrer et de là …
Du début à la fin du roman, la narration se fait par de courts chapitres. A chaque fois (ou presque) les trois nous racontent une partie de leur vie, de manière très chronologique. Cela donne un rythme particulier et très agréable.
Car ma surprise fut là ! Ce livre est plus qu’agréable ! Dès le départ, les personnages sont sympathiques et tout de suite on compatit à l’horreur de leur vie. Par la couleur de la peinture tout l’amour du genre humain va apparaître… Belle métaphore !
UN TRES GROS COUP DE CŒUR
Si vous passez le cap de cette couverture, attention : dès les premières pages vous devriez être happé !
Anne a eu le même coup de coeur, Cathulu est moins enthouiaste et Dominique a beaucoup aimé
L'attente du soir, Tatiana Arfel, José Corti
24 mai 2009
Récit initiatique
Ce récit commence par une page d’histoire : celle de la déportation d’enfants orphelins de la Grande-Bretagne en Australie après la seconde guerre mondiale. Arthur, l’un d’eux, va se retrouver dans une ferme du Bush. Ils sont beaucoup d’enfants dans cette ferme, réduits en esclavage par le fermier au nom de Dieu et de l’aide généreuse des fermiers. Arthur n’a qu’un rêve : retrouver sa sœur Kitty restée en Angleterre.
Après des années de galères, il va se sauver avec un ami. Ils connaitront le bonheur dans une autre ferme, où la fermière soigne les animaux malades.
La seconde partie est le récit de la fille d’Arthur, elle veut réaliser le souhait de son père, retrouver Kitty sa sœur.
Ce roman est émouvant, du malheur au bonheur, une multitude de sentiments font de ce récit un livre que l’on garde présent dans un coin de son imaginaire.
Seul sur la mer immense, Michael Morpurgo, Gallimard Jeunesse
21 mai 2009
Beau, mais...
Ce livre est beau ! C’est sa première qualité. Il attire notre regard… enfin le mien ! Le choix de ce livre, c’ est aussi le côté Sérialecteur, car c’est le second de ce couple. Le premier : « Au pays des pierres qui parlent » m’avait enchanté. L’originalité du récit, le dépaysement et la qualité graphique des dessins, j’espérai retrouver ce même enchantement dans celui-ci.
Le récit et les dessins me forcent à penser à la série « Betty ». Un support graphique en quelque sorte.
Pourtant je suis sorti un peu déçu de ce volume. La qualité du dessin n’est pas en cause. Il est tendre et les portraits sont magnifiques. Par contre, le scénario du récit est inexistant. C’est linéaire, on se contentera d’aller d’un point à un autre ! Dans le premier volume, la recherche spirituelle se fait autour d’une montagne. Ici, le trekking passe par des pays inconnus, voir interdits, mais ce n’est pas approfondi, pas fouillé. Deux anecdotes et la marche continue...
Dommage de passer à côté d’un sujet ignoré !
Un chemin à l'orée du ciel, Olga et Arnaud de Turckheim, Actes Sud
19 mai 2009
Gallmeister, l'éditeur qui gagne à être connu
De nouveau cet éditeur publie un polar atypique et passionnant ! Après les deux livres de Tapply et celui d’Abbey, je suis sous le charme de ce quatrième roman. Cerise sur le gâteau : la beauté sobre de ses couvertures : j’adore !
Bravo à l’éditeur et à ses choix !
Shibumi est une stratégie utilisée pour se défendre-attaquer dont les six phases sont expliquées au début. Ils formeront les six chapitres de ce roman d’espionnage. En fait, c’est le récit de la vie de Nicholaï Hel qui est le fil conducteur de ce roman.
Sa vie est source d’interrogation pour une organisation secrète américaine, Mother Company. Tous les moyens seront utiles afin d’expliquer son parcours et de le retrouver, puis l’éliminer.
Une jeune femme défendant la cause israélienne va le débusquer dans sa retraite basque afin de lui demander de l’aide. Elle veut éliminer un commando palestinien !
Va –t‘il l’aider ? Et la Mother Company ? Quelles sont réellement ses directives et ses souhaits non-avoués ? La jeune femme a-t-elle la capacité de passer à l’acte ?
Ecrit il y a trente ans, j’ai bien ri des capacités des ordinateurs de l’époque... Mais la volonté de la Mother Company de se transformer en Big Brother est là, sans avoir pu prévoir l’évolution de la technique !
Attention ! Si vous prenez ce livre, vous risquez de ne pas le lâcher avant de l’avoir terminer, tant il est passionnant et complet. Passionnant, par l’enquête complexe multiple. Complet, par la personnalité de Nicholeï Hel qui est retracée de la naissance au présent !
Génial
Vous êtes nombreux à l’avoir lu, si vous voulez un lien, dites le, je sais que Emeraude l’a adoré, Jeanjean et Fashion aussi
Shibumi, Trevanian, Gallmeister
12 mai 2009
Polar dans l'espace
Actes Sud n’a pas encore de collection de SF, mais celui-ci
aurait pu être le premier d’une nouvelle collection…
Dans une station spatiale de retour sur terre après trois mois de mission, il reste une dernière mission à effectuer : le lancement d’une capsule Eternel. Celle-ci détient en condensé tout le savoir de l’humanité ; elle va traverser la galaxie jusqu’à…
Mais que ce passe-t-il sur terre ? Plus aucune communication ! La dernière précisait qu’une activité solaire anormale avait eu lieu, et qu’un nuage de radiation risquait de perturber tous les ordinateurs.
L’ambiance est tendue à l’extrême entre les neufs occupants. La terre doit bientôt dévoiler le nom de celui qui aura la charge de sortir dans l’espace afin de finaliser l’envoi de l’Eternel.
Un élu, et donc huit déçus ! Le capitaine va désormais avoir une situation lourde et complexe à gérer.
Sur terre, le président de la planète apprend qu’un astéroïde va heurter la terre et qu’il est suffisamment imposant pour effacer l’humanité. Après les dinosaures, l’homme…
Mais dans un premier temps, c’est le capitaine du vaisseau qui est retrouvé mort…
Un polar dans l’espace et un bon moment de lecture, grâce des personnages dont les personnalités disparates rendent ce livre passionnant.
Eternel, Sylvain Estibal, Actes Sud
09 mai 2009
Agréables surprises
Chez les
filles et le Seuil, par l’intermédiaire de Suzanne, ont eu la gentillesse de me
proposer la lecture d’un roman policier de Michael Koryta.
Je ne connaissais pas cet auteur, alors une fois n’est pas coutume, j’ai accepté cette proposition ! Je venais de refuser celle de participer au jury du prix F…, trop contraignant à mon goût…. Un auteur m’avait également proposé son premier livre, mais comme je souhaite tenir ma PAL à des proportions raisonnables [NDLS : Tu parles !!] c'est-à-dire selon une définition proche de celle de Karine:) à peu près « no-limit », j’ai dû aussi décliner cette proposition !
Cela étant, la semaine suivante, autre temps, autre humeur… je ne me sentais pas le courage de refuser l’offre d’Elodie Giraud pour le prix Landerneau 2009, prix des centres L…. de lire les 6 livres retenus. Puis hier, ce fut l’éditeur André Versailles qui me contactait : hasard ! Pendant mes vacances, j’avais lu un de ses livres. (Commentaire à venir)
Ah la dure vie
de bloggeur ! C’est toujours avec joie que je reçois ces offres, même si
je les accepte rarement (quoique ces jours-ci…).
Merci aux
services de presses
Je ne
connaissais pas cet auteur, jeune écrivain américain. Ce polar est le troisième
dont le héros est le détective Lincoln Perry, une série donc ! J
L’inspecteur
Targent a des soupçons sur Lincoln qu’il
croit coupable de meurtre. Un riche
avocat vient d’être retrouvé mort. Il a visiblement été sauvagement torturé à
l’arme blanche. Or cet avocat, trois ans auparavant avait séduit la fiancée de
Lincoln. Bien que ce dernier lui ait «cassé la figure », la jeune et belle
n’était pas revenue !
En plein
deuil, la belle demande à son ex de retrouver le fils de l’avocat. Elle ne l’a
jamais vu, car le père et le fils sont fâchés depuis cinq ans. Lincoln va
rapidement le trouver, mais pour le voir… se suicider ! L’inspecteur pense
à un meurtre !
C’est toute
une machination qui va se mettre en place. Chaque nouvelle étape accusant un
peu plus notre « pôvre » détective…
Au début de ce
livre je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement avec les meilleurs
Chase ! Le pauvre épris de la belle mariée à un vieux. Le rythme est soutenu, un page-turner
efficace. Les rebondissements sont nombreux et efficaces. La comparaison avec
Chase - un compliment à mes yeux - n’est pas usurpée ! Il s’agit bien d’un
excellent polar !
Merci Suzanne
pour cette découverte
Nag a également pris
plaisir à lire ce livre, ainsi qu'Estelle C
Une tombe accueillante, Michael Koryta, Seuil Policier
06 mai 2009
Anticipation, un peu...
Mon retour à la SF que je ne fréquente presque plus, alors
que j’en lisais beaucoup. Les thèmes abordés me passionnaient moins car je
préfère le space-opéra, l’anticipation politico-socialo-écolo aux romans
psycho-médico-biologico-scientifiques... Je ne parle même pas de la mode du
fantastique ! Mon rationalisme m’en détourne définitivement !
Dans ce roman je n’ai rien trouvé de pertinent pour la science-fiction, mais une amusante vision de notre présent ou avenir proche.
Dominique Dubois est recruté pour un poste de statisticien. Particularité de ce poste : il est situé à Zen City. Une ville nouvelle de plus, mais celle-ci est entièrement dédiée au progrès technologique. Toutes les nouveautés sont là pour rendre la vie des hommes plus simple et heureuse.
La planification de ce bonheur passe par une puce, posée sous la peau dans la main, elle permet de tout faire et à Zen City d’anticiper nos désirs ! Du frigo qui se remplit tout seul, de la sélection de nos meubles, vêtements… tout est pris en charge : le bonheur... « Vous avez un problème, nous avons la solution ! » Ce slogan est diffusé régulièrement sur tous les supports publicitaires.
L’écriture est faite pour nous plaire, ami bloggeur, car le narrateur de ce désastre (lequel ?) nous le relate en nous présentant des extraits du blog de Dominique Dubois et de ses autres écrits. Car vous l’avez compris, tout est électronique dans ce nouveau monde, même la communication ! Qui a dit Science-fiction ?
Un bon roman, beaucoup d’humour, une bonne anticipation mais rien de très marquant du côté de l’imaginaire fictionnel !!
Déjà de nombreux commentaires, si vous souhaitez un lien...
ZENcity, Grégoire Hervier, Au Diable Vauvert
04 mai 2009
Tendrement votre
Quelle joie ce matin, lorsque traînant par hasard (tu parles !! NDLS…) dans
une librairie, je vis un nouveau tome de la bicyclette rouge.
Tellement surpris de le trouver là, que j’ai retourné le livre dans tous les sens pour vérifier cela ! (et qu’il a fallu que nous retirions l’un après l’autre nos lunettes de quarantenaires vieillissant pour y voir de plus près…)
Il n’a pas fait de passage par la PAL et je l’ai lu avec délice ce matin à mon premier réveil (6 heures… pfttt !! désespérant !!). J’ai pu ainsi retourner dormir, avec en tête ce superbe dessin et la tendresse de ces moments de vie.
Ce volume retrace l’année qui passe à chaque saison. Dans ce petit village coréen, la vie s’écoule et les paysans d’où qu’ils soient, sont toujours plus proches et sensibles à la nature. Pour eux, les signes qu’elle nous envoie ont encore une signification !
La nostalgie d’une vie calme et paisible, mais sans toutefois en cacher une certaine dureté et son lot de misère. Mais les habitants de ces villages étant principalement des personnes âgées, leur regard se pose continuellement du côté de cette ville qui a pris leurs enfants.
Le facteur est le lien entre tout ce monde : Les villageois entre eux. Les villageois et les citadins. Son regard donne le ton à ce livre. La tendresse, la douceur, un texte et un dessin en parfaite harmonie. N’hésitez pas !
La bicyclette rouge, ...et de nouveau le printemps, Dong Hwa Kim, Paquet
02 mai 2009
Déception
Les dernières publications de cet écrivain, régulièrement
remarquées et saluées par la critique et les lecteurs l’ont classé parmi les
auteurs en vue, c'est-à-dire en haut des ventes !
Shutter Island m’a plusieurs fois fait « de l’œil », mais je ne sais pas pourquoi, je l’ai toujours reposé ! Le même sort guettait celui-ci, quand un jour, suite à la lecture de certains blogs enthousiastes, je pris enfin la décision qui s’imposait…
Restait à le mettre en haut de la PAL et pour cela, cette semaine de vacances s’annonçait comme le moment idéal.
On attaque donc ce gros pavé par une cinquantaine de pages décrivant une partie de base-ball ! L’ennui… !!! Cinquante pages pour nous dire que des amateurs peuvent battre des pros, des noirs battre des blancs, des pauvres des riches ! J’ai essayé de comprendre les subtilités de ce sport, mais malgré ces cinquante pages, il est resté aussi complexe pour moi que le jeu télévisé « Pyramide », auquel je n’ai jamais rien compris !
On enchaîne donc sur une vingtaine de pages sur la boxe et le rôle positif de cette dernière pour l’insertion sociale, mais également les coups bas de la police… Enfin, après cette introduction plus que pénible, la narration commence. Il commence à être question de la vie du noir et ensuite de celle du blanc ! Ils deviendraient presque sympathiques… mais de là à avoir envie de lire encore six cents pages, oui encore six cents pages, à ce rythme… Non !! Ma PAL a d’autres livres qui me semblent bien plus attrayants.
Désolé, cet auteur n’est vraiment pas pour moi !
Philippe a été plus loin que moi… Brize a un avis positif, et JML est enthousiaste
Un pays à l'aube, Dennis Lahane, Rivages/Thriller






