10 février 2008
COUP DE COEUR
Il y a un an qu’il était dans ma PAL. C’était trop. Ce samedi
matin je me décidais enfin à le croquer ! En fait, il fut avalé… et le
dimanche il n’en restait rien ! Sinon un lecteur enthousiasmé par cette
histoire et ce style.
L’histoire
L’homme vient d’être embauché par l’Institution. Il devient ainsi un résumain, contraction de résumé et d’humain, un homme chargé de faire des résumés. L’institution étant un organisme international (ONU), il doit prendre en note les débats. La neutralité et l’objectivité sont les maîtres mots de ce travail. Afin d’éviter toute influence les résumains vivent dans l’Institution, ils y travaillent, y mangent, y dorment, s’y reposent… ainsi, ils ne sortent jamais de l’immeuble !
Dans cet univers clos, informatisé, standardisé, la compétition est un lien. Chaque conférence est suivi par deux résumains, rarement les deux mêmes, les meilleurs seront promus. La promotion : avoir un bureau plus proche de l’entrée, après c’est la mutation dans un autre service. Les non promus stagnent puis disparaissent.
Un soir, une lumière s’échappe d’une chambre, la porte est entrouverte… un homme lit ! Mais il lit un roman. Et c’est interdit. Le roman était une manière de perdre son temps en écrivant et en lisant des histoires sans intérêts pour la communauté. Ils ont donc fort rationnellement été supprimés.
D’où vient ce livre ? Il doit le dénoncer, mais la curiosité prend le dessus !
Je ne vous en dirais pas plus, Na !! Si ce n’est que j’ai pris un réel plaisir à lire cette utopie. Très bien écrit, univers kafkaien ou orwellien, ce roman est une description très sensible de notre réalité, concernant la vie dans les bureaux, les liens inter-services. Les rencontres privées dans un bar interne ou seul les employés ont accès. L’homosexualité est tue mais pressentie dans beaucoup de ces rencontres. Autre thème abordé, la recherche du père, celui est présent pendant tout le roman par sa maladie, que son fils cherche à rencontrer avant qu’il ne soit trop tard. Mais c’est surtout un cauchemar pour nous qui lisons « modérément ».
Longtemps que je n’avais lu un aussi bon livre d’anticipation. D'où ce COUP DE COEUR.
Permission, Céline Curiol, Actes Sud







