19 novembre 2006
Goncourt
Intense,
long, plein de questionnements… Les bienveillantes, roman de la rentrée, sacré
depuis par le prix Goncourt, c’est tout cela à la fois, et bien plus
encore !
Au
départ c’est l’histoire d’un officier SS, la victoire facile en 1940,
l’embourbement dans le Caucase, la bataille de Stalingrad, l’atteinte des
sommets de la hiérarchie à Berlin avec ses intrigues puis la débâcle…
Le
personnage nous livre toutes ses pensées à chacune de ces périodes. L’homme est
complexe. Il évoque l’absence du père, l’amour inconditionnel et idéalisé qu’il
voue à sa sœur jumelle. On comprend son homosexualité politiquement incorrecte
pour l’époque.
Mais
dans la première partie du livre, c’est son manque d’humanité qui nous aveugle
et nous dégoûte. Il est alors dans l’obéissance totale aux ordres avec zèle,
mais sans plaisir.
Beaucoup
de lecteurs abandonnent, écoeurés par le deuxième chapitre qui décrit la
réalité des charniers.
Dommage,
car malgré tout c’est là que se construit toute la complexité du personnage,
celle-là même qui donne toute sa force à ce livre.
Cette
personnalité aux multiples facettes va traverser la guerre avec cynisme et sans
aucun tabou.
Un grand
livre !
Jonathan Littell, Les Bienveillantes, Gallimard, 2-07-078097-X







