SériaLecteur

Lecteur de roman, policier, polar, roman étranger et autres, avec un faible pour les séries

19 novembre 2006

Goncourt

207078097XIntense, long, plein de questionnements… Les bienveillantes, roman de la rentrée, sacré depuis par le prix Goncourt, c’est tout cela à la fois, et bien plus encore !

Au départ c’est l’histoire d’un officier SS, la victoire facile en 1940, l’embourbement dans le Caucase, la bataille de Stalingrad, l’atteinte des sommets de la hiérarchie à Berlin avec ses intrigues puis la débâcle…

Le personnage nous livre toutes ses pensées à chacune de ces périodes. L’homme est complexe. Il évoque l’absence du père, l’amour inconditionnel et idéalisé qu’il voue à sa sœur jumelle. On comprend son homosexualité politiquement incorrecte pour l’époque.

Mais dans la première partie du livre, c’est son manque d’humanité qui nous aveugle et nous dégoûte. Il est alors dans l’obéissance totale aux ordres avec zèle, mais sans plaisir.

Beaucoup de lecteurs abandonnent, écoeurés par le deuxième chapitre qui décrit la réalité des charniers.

Dommage, car malgré tout c’est là que se construit toute la complexité du personnage, celle-là même qui donne toute sa force à ce livre.

Cette personnalité aux multiples facettes va traverser la guerre avec cynisme et sans aucun tabou.

Un grand livre !

Jonathan Littell, Les Bienveillantes, Gallimard, 2-07-078097-X

Posté par SeriaLecteur à 18:40 - Littell Jonathan - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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